Publicat la 31 mai 2021 CINQUERES n 27823/19 și 22683/20 Georges MONCHABLON împotriva Franței și Paul SMADAT împotriva Franței introduse la 20 mai 2019 și, respectiv, la 5 iunie 2020 comunicate la 10 mai 2021 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . În 2008, Herve Falciani, un informatician care lucra la HSBC în Geneva (Elveția), a furat fișiere informatice cu câteva mii de nume de evaziune fiscală în Elveția. Administrația fiscală franceză a obținut aceste fișiere și a anchetat fapte de fraudă fiscală împotriva contribuabililor francezi fie pentru că numele lor figura fie pentru că deducese, pe baza unei sinteze individuale pe care o stabilise din fișierele Falciani A doua situație este cea în care se află cei doi reclamanți care au fost condamnați la plata impozitului pe profit sau pentru fraudă fiscală. În aceste două cazuri, instanța de apel din cadrul procesului de elaborare a sintezelor individuale și a constat în special că acuzațiile reținute împotriva inculpaților au rezultat, de asemenea, din investigațiile diligente ale anchetatorilor ale căror reclamanți au putut discuta contradictoriu. Curtea de Casație nu a aprobat recursul în casarea reclamanților. Invocând art. 6 1 și 3 din Convenție, reclamanții consideră că nu au beneficiat de o procedură contradictorie în fața instanțelor interne, având în vedere că ansamblul de acuzații s-ar fi bazat pe sintezele individuale care îi privesc, în ciuda faptului că nu au fost în măsură să acceseze fișierele de la care a fost stabilită această sinteză și să verifice fiabilitatea fișierelor menționate anterior, iar administrația fiscală a fost pusă astfel într-o situație de foarte net ascendentă asupra acestora. RĂSPUNSURI LA PĂRȚI S-au bucurat de un proces echitabil în stabilirea sarcinilor penale reținute împotriva lor în sensul art. 6 alin. (1) și (3) din Convenție? Mai exact (a) În ce condiții au intrat în posesia autorităților franceze fișierele informatice Falciani (c) În ce măsură copiile originale ale fișierelor informatice Falciani În sensul articolului 6 din convenție, documentele de procedură care ar stabili modul în care aceste fișiere au fost confiscate și exploatate au fost dovezi relevante în procesul reclamanților (d) L În acest caz, a fost necesar să nu se acorde accesul reclamanților la fișierele informatice Falciani (a) În caz contrar, respingerea de către instanțele interne a cererii de către tribunalele din statul în cauză a elementelor menționate la întrebarea 1 litera (c) a adus atingere dreptului lor la o procedură contradictorie, garantând egalitatea armelor între acuzare și apărare (a se vedea, mutatis mutandis, Rowe și Davis c. Regatul Unit [GC], n 28901/95, § 60, CEDH 2000 II) (b) Prin urmare, Comisia consideră că, în conformitate cu art. 107 alineatul (3) litera (c) din TFUE, ajutorul de stat este compatibil cu piața internă în temeiul articolului 107 alineatul (3) litera (c) din tratat, în sensul articolului 107 alineatul (3) litera (c) din tratat. Mai precis, în ceea ce privește comunicarea de date electronice deținute de acuzare, reclamanții au avut posibilitatea de a fi implicați în definirea criteriilor pe baza cărora să se determine ce ar trebui comunicat (a se vedea, mutatis mutandis Rowe și Davis c. Regatul Unit [GC], citată anterior, § 61, Sigurður Einarsson și alte c. Islanda, n 39757/15, §§ 91, 4 iunie 2019 și, Rook c. Germania , n 1586/15, § 67 și 72, 25 iulie 2019) Anexă Cerere N Numele cauzei Cerereant Anul nașterii Locul nașterii Locul nașterii Cetățenia reprezentat de 27823/19 Monchablon c. France Georges MONCHABLON 1959 Paris francez David GASCHIGNARD 22683/20 Smadja c. France Paul SMADJA 1944 Tel Aviv France Vincent BERGER
Publié le 31 mai 2021
Requêtes n
os
27823/19 et 22683/20
Georges MONCHABLON contre la France
et Paul SMADJA contre la France
introduites respectivement
le 20 mai 2019 et le 5 juin 2020
communiquées le 10 mai 2021
Les requêtes concernent des suites de l’affaire dite «
HSBC
».
En 2008, Hervé Falciani, un informaticien travaillant chez HSBC à Genève (Suisse), déroba en les copiant des fichiers informatiques comportant plusieurs milliers de noms d’évadés fiscaux français en Suisse. L’administration fiscale française obtint ces fichiers et diligenta des enquêtes pour des faits de fraude fiscale à l’encontre de contribuables français soit parce que leur nom y figurait soit parce qu’elle avait déduit, en se fondant sur une synthèse individuelle qu’elle avait établie à partir des «
fichiers Falciani
», qu’ils étaient les véritables bénéficiaires de comptes ouverts à la banque HSBC. Ce second cas de figure est celui dans lequel se trouvent les deux requérants qui furent condamnés pour soustraction au paiement de l’impôt ou pour fraude fiscale. Dans ces deux affaires, la cour d’appel expliqua le processus d’élaboration des synthèses individuelles et releva notamment que les charges retenues contre les prévenus ressortaient également des investigations diligentées par les enquêteurs dont les requérants purent débattre contradictoirement. La Cour de cassation n’admit pas le pourvoi en cassation des requérants.
Invoquant l’article 6
§§
1 et
3 de la Convention, les requérants estiment qu’ils n’ont pas bénéficié d’une procédure contradictoire devant les juridictions internes, étant donné que l’ensemble de l’accusation aurait reposé sur la synthèse individuelle les concernant, alors qu’ils n’ont pas été mis en mesure d’accéder aux fichiers à partir desquels cette synthèse a été établie et de vérifier la fiabilité desdits fichiers, et que l’administration fiscale a ainsi été placée dans une situation de très net ascendant sur eux.
1.
Les requérants ont-ils bénéficié d’un procès équitable dans la détermination des charges pénales retenues contre eux au sens de l’article
6 §§ 1 et 3 de la Convention ? Plus précisément
:
(a)
Dans quelles conditions les autorités françaises sont
‑
elles entrées en possession des «
fichiers informatiques Falciani
»
? L’origine et la fiabilité des informations qui auraient été contenues dans ces fichiers ont
‑
elles été vérifiées par l’administration fiscale et par les juridictions internes
?
(b)
Sur la base de quels éléments de preuve l’administration fiscale a
‑
t
‑
elle porté plainte contre les requérants
?
(c)
Dans quelle mesure les copies originales des «
fichiers informatiques Falciani
» et les pièces de procédure qui établiraient comment ces fichiers ont été saisis et exploités ont
‑
elles été, au sens de l’article 6 de la Convention, des preuves pertinentes dans le procès des requérants
?
(d)
L’impossibilité alléguée par les requérants d’avoir accès aux copies originales des «
fichiers informatiques Falciani
» et des pièces de procédure qui établiraient comment ces fichiers ont été saisis et exploités a
‑
t
‑
elle porté atteinte à l’équité de la procédure pénale (voir
Natunen c.
Finlande
, n
o
21022/04, 31 mars 2009)
?
2.
En l’espèce, était
‑
il nécessaire de ne pas donner accès aux requérants aux «
fichiers informatiques Falciani
»
?
(a)
Au cas contraire, le rejet par les juridictions internes de la demande des requérants d’obtenir les éléments mentionnés à la question 1 c) a
‑
t
‑
il porté atteinte à leur droit à une procédure contradictoire, garantissant l’égalité des armes entre l’accusation et la défense (voir,
mutatis mutandis
,
Rowe et Davis c.
Royaume
‑
Uni
[GC], n
o
28901/95, §
‑
II)
?
(b)
Dans l’affirmative, les difficultés qui auraient été causées aux requérants par une limitation de leurs droits ont
‑
elles été suffisamment compensées par la procédure suivie devant les autorités judiciaires (voir
Jasper c. Royaume-Uni
[GC], n
o
27052/95, §§
54-55, 16 février 2000 et,
M
c. Pays-Bas
, n
o
2156/10, §
69, 25 juillet 2017 (extraits))
?
(c)
Plus précisément, s’agissant de la communication de données électroniques détenues par l’accusation, les requérants ont
‑
ils eu la possibilité d’être associés à la définition des critères sur la base desquels déterminer ce qu’il y avait lieu de leur communiquer (voir,
mutatis
mutandis
,
Rowe et Davis c. Royaume-Uni
[GC], précité, §
61,
Sigurður
Einarsson et autres c. Islande
, n
o
39757/15, §§
90
‑
91, 4 juin 2019 et,
Rook
c. Allemagne
, n
o
1586/15, §§
67 et 72, 25
juillet 2019)
?
N
o
Requête N
o
Nom de l’affaire
Requérant
Année de naissance
Lieu de résidence
Nationalité
Représenté par
1.
27823/19
Monchablon c. France
Georges MONCHABLON
1959
Paris
français
David GASCHIGNARD
2.
22683/20
Smadja c. France
Paul SMADJA
1944
Tel Aviv
français
Vincent BERGER