Comunicat la 17 aprilie 2018 SECȚIUNEA a doua Cerere nr. 19502/13 Nesrin HÜSEYINZADE împotriva Turciei introdusă la 27 februarie 2013 Cererea se referă la condamnarea recurentei, avocată în barou da . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Minți Invouchant la art. 10 din convenție, reclamanta se plânge de condamnarea sa penală pentru că a pronunțat o frază care, în opinia sa, în contextul în care a fost pronunțată, nu a fost o insultă. În plus, Comisia susține că incapacitatea sa de a se apăra împotriva suspendării la pronunțarea hotărârii judecătorești a instanței de judecată constituie o necunoaștere a dreptului său de a avea acces la o instanță. A existat o interferență cu libertatea de exprimare a recurentei și, în special, cu dreptul acesteia de a comunica informații sau idei, în sensul articolului 10 alineatul (1) din convenție, ținând seama de decizia de suspendare la pronunțarea hotărârii pronunțate la sfârșitul procedurii penale diligente împotriva acesteia (a se vedea Yașar Kaplan c. Turcia, nr. 56566/00, § 35, 24 ianuarie 2006) În acest sens, a fost această interferență prevăzută de lege și necesară, în sensul art. 10 alin. (2), în special instanțele interne, au efectuat, în deciziile lor, o balanță adecvată, în conformitate cu criteriile stabilite de jurisprudența Curții, între dreptul recurentei la libertatea de exprimare și dreptul părții care se opune respectării reputației sale (Axel Springer AG c. Germania [GC], n 39954/08, §§ 89-95), 7 februarie 2012, Von Hannover c. Germania (n [GC], n 40660/08 și 60641/08, § 108 113, CEDO 2012; a se vedea, de asemenea, Couderc și Hachette Filipacchi Associates c. Franța [GC], n 40454/07, § 93, CEDO 2015 (extracturi)); au urmărit să elaboreze un raport de proporționalitate rezonabil între ingerința în dreptul recurentei la libertatea de exprimare și scopul legitim al protecției părții pârâte, având în vedere condamnarea la pedeapsa recurentei (a se vedea Lehido și Isorni c. Franța, 23 septembrie 1998, § 51, Recuperarea hotărârilor și deciziilor 1998 VII, mutatis mutandis Cumpănă și Mazăre c. România [GC], nr 33348/96, § 115, CEDO 2004 XI și Raichinov c. Bulgaria, nr 47579/99, § 50, 20 aprilie 2006) L 37569/06, § 45-49, 27 noiembrie 2012)
Communiquée le 17 April 2018
Requête n
o
19502/13
Nesrin HÜSEYINZADE
contre la Turquie
introduite le 27 février 2013
La requête concerne la condamnation de la requérante, avocate au barreau d’Istanbul, par la cour d’assises de Kadıköy à une peine d’emprisonnement de onze mois et vingt jours, avec sursis au prononcé du jugement, pour injure publique à un magistrat qui agissait dans l’exercice de ses fonctions, au motif que, à l’occasion d’une dispute qu’elle a eue avec le magistrat en question lors d’une audience, elle avait réagi, en disant «
vous mentez
».
Invoquant l’article 10 de la Convention, la requérante se plaint de sa condamnation pénale pour avoir prononcé une phrase qui, à ses yeux, dans le contexte dans lequel elle avait été prononcée, n’était pas constitutive d’une insulte.
En outre, l’intéressée soutient que son impossibilité de se pourvoir en cassation contre le sursis au prononcé du jugement de la cour d’assises constitue une méconnaissance de son droit d’accès à un tribunal. Elle invoque l’article 2 du Protocole n
o
7 à la Convention à cet égard.
1.
Y a-t-il eu ingérence à la liberté d’expression de la requérante, et spécialement à son droit de communiquer des informations ou des idées, au sens de l’article 10 § 1 de la Convention, compte tenu de la décision de sursis au prononcé du jugement rendue à l’issue de la procédure pénale diligentée à son encontre (voir
Yașar Kaplan c. Turquie
, n
o
56566/00, §
35, 24
janvier 2006)
?
2.
Dans l’affirmative, cette ingérence était-elle prévue par la loi et nécessaire, au sens de l’article 10 § 2
?
En particulier, les juridictions internes,
-
ont-elles effectué, dans leurs décisions, une mise en balance adéquate, dans le respect des critères établis par la jurisprudence de la Cour, entre le droit de la requérante à la liberté d’expression et le droit de la partie adverse au respect de sa réputation (
Axel Springer AG c. Allemagne
[GC], n
o
39954/08, §§ 89-95), 7 février 2012,
Von Hannover c. Allemagne (n
o
2)
[GC], n
os
40660/08 et 60641/08, §§ 108
‑
; voir également
Couderc et Hachette Filipacchi Associés
c. France
[GC], n
o
40454/07, § 93, CEDH 2015 (extraits)),
-
ont-elles veillé à établir un rapport de proportionnalité raisonnable entre l’ingérence dans le droit de la requérante à la liberté d’expression et le but légitime de la protection de la partie adverse, eu égard à la condamnation au pénal de la requérante (voir
Lehideux et Isorni c. France
, 23
septembre 1998, § 51,
Recueil des arrêts et décisions
1998
‑
VII,
mutatis mutandis
,
Cumpănă et Mazăre c. Roumanie
[GC], n
o
2004
‑
XI, et
Raichinov c. Bulgarie
, n
o
47579/99, § 50, 20
avril 2006)
?
3.
L’impossibilité pour la requérante de former un pourvoi contre le jugement de première instance constitue-t-elle une entrave disproportionnée à son droit d’accès à un tribunal au sens de l’article 6 § 1 de la Convention (voir
Bayar et Gürbüz c. Turquie
, n
o
37569/06, §§ 45 à 49, 27
novembre 2012)
?