Comunicat la 21 ianuarie 2019 A DOUA SECȚIUNE Cerere nr. 623/93/09 SOCIETATEA ANONYME AHMET N În urma unei proceduri judiciare la data la care una dintre clientele sale, reclamanta, care este o societate de construcții, a primit o despăgubire cu dobânzi restante în temeiul răspunderii contractuale a părții pârâte. Considerând că rata dobânzii aplicată creanței sale nu era suficientă pentru a-și acoperi prejudiciul, recurenta a inițiat o acțiune de prejudiciu suplimentar pe baza articolului 105 din Codul obligațiunilor în vigoare la momentul faptelor. În cele din urmă, recurenta a fost decăzută pe motiv că diferența dintre rata inflației și rata dobânzii aplicată unei creanțe nu era suficientă pentru a demonstra existența unui prejudiciu suplimentar în sensul dispoziției legale invocate. Pe baza unor exemple de hotărâri judecătorești, recurenta susține că: nu există nicio coerență în practica sistemului judiciar și în jurisprudența Curții de Casație cu privire la condițiile de aplicare a articolului 105 din Codul obligațiilor. Aceasta afirmă că o astfel de situație se înțelege greșit cu noțiunea de "statul de drept" și că, în speță, ea i-a adus prejudicii din cauza pierderilor financiare pe care le-ar fi comis. 13279/05, §§ 49-96, 20 octombrie 2011), cauza a fost ascultată în mod echitabil, astfel cum se prevede la art. 6 alineatul (1) din Convenția privind obligațiunile exista în jurisprudența Curții de Casație cu privire la condițiile de aplicare a articolului 105 din Codul obligațiunilor Au fost puse în aplicare aceste mecanisme și care au fost, dacă este cazul, efectele aplicării lor, recurenta dispunea de o speranță legitimă mai mare decât aceasta, în sensul articolului 1 din Protocolul nr. 1, d Beian c. România (n, nr. 0658/05, § 51 și 52 CEDH 2007 V (extracturi))? În . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Părțile sunt invitate să prezinte o expunere a jurisprudenței în materie a Curții de Casație și, dacă este cazul, a Adunării Generale a Camerelor Civile (Yarg Electroluxtay Hukuk Genel Kurulu
Communiquée le 21 janvier 2019
Requête n
o
62318/09
contre la Turquie
introduite le 23 novembre 2009
La requête concerne
une prétendue inconstance dans la jurisprudence de la Cour de cassation au sujet des conditions d’application de l’article 105 du code des obligations.
À l’issue d’une procédure judiciaire l’opposant à l’une de ses clientes, la requérante, qui est une société de construction, se vit octroyer une indemnité assortie d’intérêts moratoires au titre de la responsabilité contractuelle de la partie adverse.
Estimant que le taux d’intérêt appliqué à sa créance ne suffisait pas à couvrir son préjudice, la requérante initia une action en préjudice supplémentaire sur le fondement de l’article 105 du code des obligations en vigueur à l’époque des faits. Elle fit valoir que le taux appliqué à sa créance était inférieur au taux d’inflation.
La requérante fut finalement déboutée au motif que la différence entre le taux d’inflation et le taux d’intérêt appliqué à une créance ne suffisait pas à démontrer l’existence d’un préjudice supplémentaire au sens de la disposition légale invoquée.
S’appuyant sur des exemples d’arrêts, la requérante soutient qu’il n’existe pas de cohérence dans la pratique du système judiciaire et dans la jurisprudence de la Cour de cassation au sujet des conditions d’applications de l’article 105 du code des obligations. Elle affirme qu’une telle situation se concilie mal avec la notion d’Etat de droit et qu’elle lui a en l’espèce portée préjudice en raison des pertes financières qu’elle aurait subies. Elle invoque l’article 1 du Protocole n
o
1 à l’appui de ses affirmations.
1.
A la lumière de l’affaire
Nejdet Șahin et Perihan Șahin c. Turquie
([GC], n
o
13279/05, §§ 49 à 96, 20 octobre 2011), la cause a-t-elle été entendue équitablement, comme l’exige l’article
6 §
1 de la Convention
?
2.
Existait-il « des divergences profondes et persistantes » dans la jurisprudence de la Cour de cassation au sujet des conditions d’application de l’article 105 du code des obligations
?
3.
La législation interne prévoyait-elle des mécanismes permettant de supprimer ces incohérences
?
4.
Ces mécanismes ont-ils été mis en œuvre et quels ont été, le cas échéant, les effets de leur application
?
5.
La requérante disposait-elle d’une «
espérance légitime
», au sens de l’article 1 du Protocole n
o
1, d’obtenir une indemnité pour la dépréciation subie par sa créance (voir,
mutatis mutandis
,
Beian c. Roumanie (n
o
1)
, n
o
0658/05, §§ 51 et 52 CEDH 2007
‑
V (extraits))
? Dans l’affirmative, l’ingérence dans le droit au respect des biens de l’intéressée était-elle prévue par la loi, poursuivait-elle un motif d’intérêt général et a-t-elle maintenu un juste équilibre entre les intérêts en jeu
?
Les parties sont invitées à fournir un exposé de la jurisprudence en la matière de la Cour de cassation et, le cas échéant de l’Assemblée générale des chambres civiles (
Yargıtay Hukuk Genel Kurulu
).