SECȚIUNEA A DOUA DECIZIE Cerere nr. 20944/10 Torun SÜLEYMANO Având în vedere observațiile prezentate de guvernul pârât și cele prezentate ca răspuns de solicitant, După ce a deliberat, face următoarea decizie FACE recurentul, dl Torun Süleymano. Acesta este un resortisant turc născut în 1933. El a fost reprezentat în fața Curții de către domnul Y. Da Cererea se referă la ocuparea terenului reclamantului de către autoritățile militare de mai mulți ani, fără ca acesta să fie expropriat de proprietatea sa de către administrația în cauză sau compensat pentru prejudiciul său. GRIFS Reclamantul susține că această situație a încălcat art. 1 din Protocolul nr. Curtea ia notă de faptul că cererea a fost depusă la Curte în numele reclamantului la 30 martie 2010. La 15 octombrie 2018, Curtea a decis să prezinte cererea guvernului turc ( În observațiile sale, guvernul atrage atenția Curții asupra faptului că Torun Süleymano El consideră că comportamentul avocatului defunctului reclamant a fost de natură să inducă în eroare Curtea cu privire la un aspect esențial pentru examinarea cererii. În plus, în cazul în care un membru al consiliului de administrație nu ar fi fost în măsură să-și asume responsabilitatea de a-și îndeplini obligațiile de serviciu public, acesta ar fi trebuit să își asume responsabilitatea de a-și îndeplini obligațiile de serviciu public și de a-și îndeplini obligațiile de serviciu public și de a-și îndeplini obligațiile de serviciu public și de a-și îndeplini obligațiile de serviciu public și de a-și îndeplini obligațiile de serviciu public și de a-și îndeplini obligațiile de serviciu public. Curtea constată, pe de o parte, că Torun Süleymano În această privință, Curtea amintește mai întâi că, în conformitate cu jurisprudența sa constantă, de către Curtea amintește apoi că, în temeiul articolului 47 alineatul (7) (fostul articol 47 alineatul (6)) din regulament, acesta revine reclamanților și moștenitorilor acestora care doresc să continue procedura în fața ei, de la l Curtea declară inadmisibilă orice cerere individuală introdusă în temeiul articolului 34 în cazul în care consideră că cererea este incompatibilă cu dispozițiile Convenției sau ale Protocoalelor acesteia, vădit nefondată sau abuzivă; (...) 12. De asemenea, Curtea a concluzionat că nu există niciun motiv pentru care Torun Süleymano a avut dreptul la o cale de atac în fața Curții. 13. De aceea, Curtea a fost indusă în eroare de comportamentul avocatului defunctului reclamant care a făcut să se creadă că Torun Süleymano a fost încă în viață în momentul introducerii cererii. 14. Prin urmare, Curtea soluționează excepția preliminară a guvernului potrivit căreia situația denunțată s . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . iulie 2021. {semnătură_p_2} Hasan Bak
Requête n
o
20944/10
Torun SÜLEYMANOĞLU
contre la Turquie
La Cour européenne des droits de l’homme (deuxième section), siégeant le 8 juin 2021 en un comité composé de
:
Carlo Ranzoni,
président,
Egidijus Kūris,
Pauliine Koskelo,
juges,
et de Hasan Bakırcı,
greffier adjoint de section
,
Vu la requête susmentionnée introduite le 30 mars 2010,
Vu les observations soumises par le gouvernement défendeur et celles présentées en réponse par le requérant,
Après en avoir délibéré, rend la décision suivante
:
1.
Le requérant, M. Torun Süleymanoğlu, est un ressortissant turc né en
1933.Il a été représenté devant la Cour par M
e
Le gouvernement turc («
le Gouvernement
») a été représenté par son agent.
2.
La requête concerne l’occupation du terrain du requérant par les autorités militaires depuis de nombreuses années sans que celui-ci ne soit exproprié de son bien par l’administration concernée ou indemnisé de son préjudice.
3.
Le requérant soutient que cette situation a emporté violation de l’article
1 du Protocole n
o
1.
4.
La Cour note que la requête a été déposée à la Cour au nom du requérant le 30 mars 2010.
5.
Elle a décidé de porter la requête à la connaissance du gouvernement turc («
le Gouvernement
») le 15 octobre 2018.
6.
Dans ses observations, le Gouvernement attire l’attention de la Cour sur le fait que Torun Süleymanoğlu est décédé le 2 avril 2008, soit près de deux années avant le dépôt de la requête à la Cour. Il soutient que l’avocat du requérant a abusé de la Cour en laissant croire que ce dernier était encore en vie. Il considère que le comportement de l’avocat du défunt requérant a été de nature à tromper la Cour sur un aspect essentiel pour l’examen de la requête.
7.
M
e
Dağașan se contente d’affirmer que les héritiers de Torun Süleymanoğlu lui ont donné une procuration générale après son décès avec faculté de substitution, de représentation et d’assistance dans le cadre du litige concernant le terrain occupé par l’administration.
8.
La Cour observe d’une part que Torun Süleymanoğlu est effectivement décédé avant l’introduction de la requête devant la Cour et d’autre part qu’au moment de l’introduction de celle-ci, le dossier ne contenait aucun pouvoir donné à M
e
Dağașan par les héritiers de l’intéressé exprimant leur souhait d’introduire une requête devant la Cour en leurs noms.
9.
À cet égard, la Cour rappelle d’abord que, selon sa jurisprudence constante, par «
victime
» l’article 34 désigne la personne directement concernée par l’acte ou l’omission litigieux, c’est-à-dire la personne ayant un intérêt personnel, direct et valable à obtenir qu’il y soit mis fin (
Patoux c.
France
, n
o
35079/06
, § 51, 14 avril 2011).
10.
La Cour rappelle ensuite qu’en vertu de l’article 47 § 7 (ancien article
47 § 6) du règlement, il incombe aux requérants et à leurs héritiers qui souhaitent poursuivre la procédure devant elle, de l’informer de «
tout fait pertinent pour l’examen de leur requête
».
11.
La Cour rappelle enfin et surtout que l’article 35 § 3 a) de la Convention se lit ainsi
:
«
La Cour déclare irrecevable toute requête individuelle introduite en application de l’article
34 lorsqu’elle estime
:
a)
que la requête est incompatible avec les dispositions de la Convention ou de ses Protocoles, manifestement mal fondée ou
abusive
; (...)
»
12.
Revenant sur les particularités de la présente affaire, en l’absence d’une explication convaincante de la part de M
e
Dağașan, la Cour en déduit que rien n’indique que Torun Süleymanoğlu ait eu l’intention d’introduire une requête devant la Cour.
13.
Aussi, la Cour a été induite en erreur par le comportement de l’avocat du défunt requérant qui a laissé croire que Torun Süleymanoğlu était encore en vie au moment de l’introduction de la requête.
14.
Dès lors, la Cour accueille l’exception préliminaire du Gouvernement selon laquelle la situation dénoncée s’analyse en un abus du droit de recours individuel au sens de l’article 35 § 3 a) de la Convention.
Par ces motifs, la Cour,
à l’unanimité,
Dit
que la requête est abusive au sens de l’article 35 § 3 a) de la Convention et la déclare irrecevable.
Fait en français puis communiqué par écrit le 1
er
juillet 2021.
{signature_p_2}
Hasan Bakırcı
Carlo Ranzoni
Greffier adjoint
Président